L’Hegire du prophète et de ses compagnons( Migration à Médine)

Muhammad (PSL) s’était élevé au zénith des sommets divins. Ce fut au cours de cette nuit d’élévation suprême du corps et de l’esprit qu’il reçut de Dieu, le Très-Haut le second pilier de l’islam : les cinq prières quotidiennes, et quelque chose qui n’avait été donné à aucun Prophète avant lui, le monde entier comme espace de prosternation et de prière pour tous les musulmans. C’était al-Isrâ’ wa al-Mi’râj, le Voyage nocturne et l’Ascension .

À son retour, le lendemain matin, après avoir entendu le récit du miraculeux voyage, les incrédules profitèrent de cette occasion pour se moquer à nouveau de Muhammad. Ils l’avaient traité de fou, de devin, de poète, ils le traitèrent désormais de men­teur. Les persécutions redoublèrent, et la vie devint de plus en plus insupportable pour le Prophète et ses Compagnons. Ils étaient constamment en danger et ils décidèrent donc de se préparer, dans la tranquillité, à quitter la Mecque.
Médine

Une délégation de nouveaux convertis de la ville de Yathrib, située à environ quatre cent kilomètres de la Mecque, offrirent leur maison et souhaitaient la bienvenue à tous les musulmans qui désiraient vivre en sécurité dans leur ville. Ils voulaient tout particu­lièrement que le Prophète (pbsl) amène la paix dans leur ville rongée par d’interminables querelles tribales.

Le Prophète accepta. Ce fut ce qu’on appela la Hijra, la migration, l’Hégire. Ce fut un moment décisif dans l’histoire de l’Islam, celui du commencement du calendrier islamique, la naissance du premier État islamique ; Yathrib fut appelée « la ville du Prophète », Madinatou an-Nabi.

Muhammad, le Messager de Dieu, après treize ans d’appel à l’islam et après avoir souffert amèrement de la persécution des mains des arabes païens, quitta la Mecque en compagnie d’une communauté de musulmans, et se rendit là où on lui avait offert la paix et la sécurité, la ville de Médine. Ainsi débuta la deuxième phase majeure de la mission et de la vie de Muhammad.
La première constitution

À Médine, le Prophète devint le chef de l’État. Là, l’Islam put s’épanouir et un nouvel ordre social naquit. Son socle fut la mosquée. Ce fut là également que se développa la vision islamique de la paix entre tous les peuples de la terre, sans différence de fois ou de races, c’est là que prit forme effectivement la première constitution et charte des Droits et Libertés humaines ayant jamais existé. Elle garantit à chaque citoyen la liberté, la sécurité et la justice.

1. La liberté de conscience et de culte pour les musulmans et les non musulmans de la même façon.

2. La sécurité et la protection contre n’importe quelle menace ou attaque venant de l’exté­ rieur.

3. La justice et l’abolition de tous crimes et pratiques immorales

La caractéristique principale de cette nouvelle société était la charité. L’avidité et l’égoïsme furent remplacés par la compassion et le souci de toute créature vivante. Le Prophète (pbsl) dit : « Faire la justice entre deux personnes est une aumône ; assister un homme sur sa monture et lui monter ses bagages est une aumône ; répondre à une question avec douceur est une aumône ; enlever ce qui est un obstacle sur la route d’un homme (comme des épines ou des pierres) est une aumône ; sourire à ton frère est une aumône »

Et ceux qui ont cru, émigré et lutté dans le sentier de Dieu, ainsi que ceux qui leur ont donné refuge et porté secours, ceux-là sont les vrais croyants : à eux, le pardon et une récompense généreuse. Coran , sourate alanfal
Un jour, un homme vint trouver Muhammad et le supplia de lui donner quelques moutons. Il y en avait un grand nombre broutant entre deux collines, il ordonna qu’ils lui furent entièrement donnés. Quand l’homme retourna à son village, il dit : « Ô mon peuple, embrassez l’islam car, par Dieu, Muhammad (pbsl) donne tellement ; il ne craint pas la pauvreté . »

Là, à Médine, deux autres importants piliers de l’islam furent établis. Il fut ordonné aux musulmans de payer la zakâtzi, l’impôt social purificateur deman­dé pour venir en aide aux pauvres et aux nécessi­teux, et le jeûne du mois de Ramadan30. Pendant cette période, le Prophète se remaria. Il était demandé par de nombreuses femmes, mais hormis ‘Aisha, la fille d’Abû Bakr, ses épouses furent généralement des veuves de musulmans tués ou morts martyrs. Cependant, il garda toujours dans son cœur une place particulière pour Khadija, sa première femme, sa compagne tant chérie31.
Les gens du livre

Les environs de Médine étaient également peuplés de quelques tribus juives. Les musulmans ressentaient déjà une certaine affinité avec ces « Gens du Livre » à qui l’arrivée d’un Prophète était annoncée dans la Torah. Dieu avait dit à Moi’se :

« J’élèverai parmi leurs frères un prophète, semblable à toi, et je mettrai mes mots dans sa bouche, et il leur dira tout ce que je leur commande . »

Qui donc étaient, dans l’Ancien Testament, les frères des fils d’Israël, si ce n’est les fils d’Ismaël ? Qui d’autre aurait pu être le prophète semblable à Moi’se ? Qui donc lui ressemblait plus que Muhammad (pbsl) ? Et d’après les paroles de Jésus, la prophétie était aussi accomplie :

« Si je ne pars pas, le Paraclet, le Consolateur, ne pourra point venir à vous, mais si je m’en vais, je vous l’enverrai… Il vous guidera vers la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même mais il ne dira que ce qu’il entendra …»

Jusqu’à cette période, les musulmans avaient toujours prié dans la même direction que les Gens du Livre, faisant face à la ville sacrée de Jérusalem. Il fut désormais demandé aux croyants de se tourner dans la direction de la mosquée sacrée de la Mecque – la Ka’ba . Ce changement quant à la direction de la prière fut le symbole de la distinction et de l’honneur octroyés à la nouvelle communauté des musulmans -la Umma. Les musulmans revenant à la foi originelle d’Abraham, se tournaient naturellement vers la première maison que celui-ci construisit pour Dieu.

Permission de se battre

Non seulement les Gens du Livre furent mécon­tents de ce changement, mais également les chefs mecquois 3. Ils étaient toujours déterminés à éliminer la nouvelle communauté musulmane, et ils prépa­raient une attaque contre Médine. Cette fois, enfin, après des années de persécution et de torture, Dieu leur donna la permission de se défendre :

Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) – parce que vraiment ils sont lésés; et Dieu est certes Capable de les secourir Coran 22.39 Sourate alhajj


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