Portrait : Le vénéré Abdoul Aziz Sy Dabakh, troisième khalife de la confrérie Tidiane : Un grand marabout fervent partisan de la paix

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Il y a 15 ans, le 14 septembre 1997, disparaissait El hadj Abdoul Aziz Sy Dabakh, grand marabout, fervent partisan de la paix, qui vouait aussi un respect à la République et à sa bonne marche.

Abdouml Aziz Sy, né en 1904 à Tivaouane, est le fils de Seydi Hadji Malick Sy et de Sokhna Safiétou Niang. Il devient troisième khalife de la confrérie Tidiane le 13 mai 1957, après les décès rapprochés des Khalifes Seydi Ababacar Sy et Sérigne Mouhamadou Mansour Sy.

Formé à l’école de son illustre ascendant, Seydi Hadji Malick Sy, ‘’Mame’’ Abdou était doté de connaissances très solides dans beaucoup de domaines : lettres, grammaire, droit islamique, sciences, astrologie.

Faisant l’unanimité auprès de toutes les forces vives et acteurs politiques d’alors, il s’était aussi personnellement investi pour appeler à l’union des cœurs et des esprits, pour l’instauration d’un climat social partout.

Rassembleur de toutes les forces sociales, philosophe, poète et moraliste, Abdoul Aziz Sy jouissait d’une autorité du fait de sa sagesse et de sa culture.

Dans le Sénégal colonial et post-colonial, traversé par différents courants et où chacun cherchait à se mettre devant, ‘’Dabakh’’ avait choisi d’être à l’écoute et au service des hommes.

Serigne Abdoul Aziz Sy n’hésitait pas aussi à s’impliquer en temps de crise pour aplanir les divergences entre forces sociales. Il rappelait toujours à l’ordre le pouvoir temporel quand la situation politique ou celle de ses concitoyens devenait intenable.

A cet égard, il est régulièrement monté au créneau pour apaiser les esprits, dénoncer certains comportements et injustices, appeler à la solidarité, à l’unité, etc.

Son image revenait toujours dans l’esprit des Sénégalais lors des moments de crise majeure. Ses recommandations et enseignements sont toujours remis au goût du jour pour inviter les citoyens à la retenue et les faire revenir aux choses fondamentales.

Dabakh a contribué à une meilleure cohésion entre les différentes confréries musulmanes du pays ou entre les différentes religions.

Il s’est aussi signalé dans le domaine du social et de la solidarité, en patriote sincère hautement concerné par le sort de ses compatriotes. Il avait bien compris qu’en islam, la solidarité commence par le soutien au prochain et le partage des connaissances.

El Hadj Abdoul Aziz Sy a fondé un réseau dense de relations avec les pays arabes dont le Maroc et l’Arabie Saoudite, dans un seul but : rapprocher les composantes de la Oummah islamique.

Effacé et discret, il faisait également preuve de modestie, comme un simple disciple parmi ceux de son vénéré père. Abdoul Aziz était sollicité partout, y compris dans des pays comme l’Arabie Saoudite, le Maroc, la Mauritanie, les USA, la France, etc. On se souvient encore du discours mémorable qu’il a prononcé au congrès islamique de La Mecque, en 1965.

Au plan économique, El Hadj Abdoul Aziz Sy Dabbakh exploitait plusieurs domaines agricoles. Ce qui lui a valu la médaille agricole, décernée en 1955.

Au lendemain de son décès, le journal « Le Soleil » lui dédiait neuf pages dans son édition du 15 septembre 1997, avec des titres qui témoignaient de sa dimension d’illustre homme. ‘’Quarante ans d’un khalifat bien rempli’’, ‘’La Oumah islamique en deuil’’, ‘’L’exemple parfait’’. Voici, entre autres, les titres que le quotidien national lui avait consacrés.

Les hommes politiques et religieux étaient unanimes au sujet de ce guide illustre et réputé. ‘’Abdoul Aziz est un homme de référence, non seulement sur le plan religieux, mais sur le plan humain et spirituel tout court’’, disait de lui le cardinal Hyacinthe Thiandoum.

Abdou Diouf, à l’époque président de la République, le présentait comme « un chef religieux d’une envergure exceptionnelle, un homme de foi, de piété, d’humilité et de bonté’’.

‘’C’était un homme complet qui a toujours souhaité la paix entre les dirigeants politiques de notre pays’’, disait de lui l’opposant Abdoulaye Wade, devenu président de la République en mars 2000.

 




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